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Autrefois, le Beaujolais devait faire ses Pâques

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Autrefois, le Beaujolais devait faire ses Pâques

Cette tradition a perduré des dizaines d’années au cœur du vignoble du Beaujolais où chaque village arborait une banderole “Le vin a fait ses Pâques”. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Par Jean MILLERET (CLP) - 05 avr. 2021 à 05:00 - Temps de lecture : 2 min



Autrefois, chaque viticulteur du Beaujolais, crus compris, attendait avec impatience la date de Pâques pour faire déguster son vin en bouteille. Photo d’illustration JSL /Ketty BEYONDAS


« Un vin doit faire ses Pâques avant la mise en bouteille. » « Faire ses Pâques ». L’expression est encore utilisée par quelques anciens. Mais que signifie-t-elle ? Et pourquoi n’est-elle plus employée ?

Pâques, la date incontournable Autrefois, chaque viticulteur du Beaujolais, crus compris, attendait avec impatience la période de Pâques pour faire déguster son vin en bouteille. Et le vendre avec la quasi-certitude qu’il n’y aurait pas de problème.


Croyance ou hasard du calendrier ? En fait, « Faire ses Pâques » signifiait que l’on devait laisser le vin en tonneaux jusqu’à Pâques avant de le mettre en bouteille et plus généralement, de le commercialiser. L’intérêt était de lui laisser passer l’hiver en cave pour que le tartre contenu dans les vins se dépose dans les tonneaux, sous l’action du froid de l’hiver.

La science s’en mêle Jusqu’aux années 1960, quand un certain Jules Chauvet, considéré aujourd’hui comme le père du mouvement des vins naturels, s’est penché sur la question. Il a levé le mystère : il existait une deuxième fermentation. Les mentalités, passant de la croyance à la science, ont reconnu que seul le temps, avec Pâques comme repère, permettait aux vins d’être commercialisés sans encombre. En effet, il arrivait que la deuxième fermentation, appelée “malolactique” se passe en bouteille avec pour conséquence des bouchons qui sautent sous la pression. « À l’époque, qui n’est d’ailleurs pas si lointaine, les vendanges étaient plus tardives, illustre Nadine Gublin, œnologue. Les hivers plus froids bloquaient les fermentations : il fallait attendre plus longtemps pour la mise en bouteille. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et surtout, nous connaissons mieux les phénomènes que nous maîtrisons plus grâce à l’apport scientifique et technique. » Les hivers plus froids bloquaient les fermentations : il fallait attendre plus longtemps pour la mise en bouteille. Nadine Gublin, œnologue

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