LA VALLÉE DU RHÔNE

 

Située entre Lyon et Marseille, bondée à l'ouest par le massif central, à l'est par les Alpes et a sud par la Méditerranée, la vallée du Rhône présente une double personnalité, granitique et plutôt monocépage au nord, calcaire et multicépage au sud. L'ensoleillement, plus généreux au sud qu'au nord, et le vent font autant son unité qu'une croyance profonde dans la dynamique collective. La vogue mondiale de ses cépages et le talent de ses producteurs expliquent une réussite actuelle bien méritée.

L'HISTOIRE DU VIGNOBLE

Une origine grecque et romaine. Au sud, vers Marseille, il semble que la vigne ait déjà été présente à l'époque grecque, vers le VIème siècleav. J.-C. Au nord, dans la région de Vienne, iexistait autour de l'an un vin réputé au "goût de poix" (Pline l'Ancien), issu d'un cépage probablement local dénommé Allobrogica. Sa particularité était son adaptation à des climats plus froids ue ceux des cépages méditerranéens. L'effondrement de l'Empire romain marque un coup d'arrêt au développement du vignoble rhodanien, privé de ses débouchés, sauf pour les vignobles proches des ports méditerranéens et le vignoble du Nord, qui alimentera surtout Lyon.

Du temps des papes à la crise du phylloxeraLa présence de la cour pontificale en Avignon pendant la plus grande partie du XIVème siècle encourage les plantations dans les campagnes autour de Châteauneuf, Tarascon, Avignon, Arles. Les cépages sont toujours des variétés antiques, originaires d'Italie, voire d'Espagne. Pendant des siècles, hormis quelques grands crus, les vins du Rhône ne sont consommés qu'à l'échelle locale. À la fin du XIXème siècle se produit une profonde mutation: lphylloxéra décime les vignes dans une grande partie de la vallée, en particulier en Provence. Dans le même temps, les zones sablonneuses du Gard, du Vaucluse et du Languedoc proche, se couvrent rapidement de vignes, l'insecte ne pouvant prospérer sur ce type de terrain. La crise de surproduction qui s'ensuit amène à la création des coopératives, encore très présente s aujourd'hui, en particulier dans le Sud.

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La nuit étoilée sur le Rhône

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Terrasse du café le soir,

place du forum, à Arles

Vincent van Gogh peint La Vigne rouge en 1888. La teinte rouge et jaune des feuilles pendant les vendanges est inhabituelle, elles sont encore vertes lorsque la maturité du raisin est en cours. Cela pourrait représenter un signe de la progression de l’épidémie.

 

DES CÉPAGES EN VOGUE

 

Les vins de la vallée du Rhône jouissent d'un grand interêt dans les pays anglo-saxons parce qu'ils sont en phase avec une tendance mondiale. Issu d'un climat chaud, ils peuvent avoir le goût de fruit concentré des vins du Nouveau Monde. Trois cépages rhodaniens sont aujourd'hui très prisés. La syrah, cépage autochtone, est très planté en Austraie mais aussi en Afrique du Sud et en Californie. Les analyses génétiques ont démontré qu'elle est issue du croisement de la mondeuse blanche, un cépage savoyard, et du dureza, un cépage noir ardéchois, qui aurait une lointaine parenté avec le pinot noir. Également descendant de la tondeuse blanche, le viognier est cultivé aux États-Unis, en Argentine et en Afrique du Sud. Enfin, le grenache, le grand cépage du Sud, est très cultivé en Espagne d'où il est originaire, en particulier en Catalogne, en Navarre ou dans la Rioja. Cela n'empêche pas d'apprécier la subtilité d'autres souches. En rouge, on trouve le difficile mourvèdre, à la personnalité âpre mais tellement attachante, le léger cinsault, parfait pour les vins de soif, parfois le carignan, délicieux quand il est très mûr. En blanc, c'est l'opulent grenache, la florale clairette, les corpulents marsanne et bourboulenc, les aromatiques roussanne et muscat, et l'onctueux rolle.

 

LES SOUS-RÉGIONS

LE RHÔNE SEPTENTRIONAL

Le vignoble septentrional de la Vallée du Rhône s’étend de Vienne à Valence,  sur 4.700 hectares le long du Rhône.

Cette région est caractérisée par des sols graniteux et par des coteaux escarpés très étroits sur lesquels la vigne doit se contenter de peu de place. La culture se fait donc sur des terrasses, bordées de murets qui retiennent la terre (appelés "chalais").

Le vignoble est favorisé par un climat plus tempéré que sur la partie méridionale, avec des pluies permettant à la vigne de ne pas souffrir de sécheresse. L'exposition sud-est et sud-ouest lui offre également un très bon ensoleillement. C’est pour ces raisons que l’encépagement de ce vignoble est caractérisé pour les vins rouges par une unique variété, la Syrah.

Spécificité de la partie septentrionale des Côtes-du-Rhône, elle donne un vin puissant, très coloré, souvent de bonne garde, évoluant vers des notes de poivre, d'épices et de cuir. Si plusieurs cépages sont utilisés pour les blancs (Marsanne, Roussanne, Viognier), les vignobles de chaque appellation privilégient aussi souvent les vinifications individuelles.

 

 

 

 

LE RHÔNE MÉRIDIONAL

Le vignoble méridional de la Vallée du Rhône s’étend d’Avignon à Montélimar, sur une superficie de 71.000 hectares, beaucoup plus importante que la partie nord de la région. La production annuelle de rouges, rosés et blancs est sans commune mesure puisqu’elle atteint  2.840.000 hectolitres par an en moyenne (soit plus de 90 %).

Le climat, typiquement méditerranéen, garantie un ensoleillement exceptionnel de plus de 2.700 heures par an, mais se distingue par la présence du plus célèbre des vents du Midi : le mistral. Dévalant la Vallée du Rhône depuis le Nord, il influence beaucoup la culture des vignes par son caractère froid et sec, son effet desséchant étant bénéfique lors des périodes humides, mais dévastateur lors des étés déjà très secs. A l’inverse du vignoble septentrional, qui suit le Rhône de façon plus longitudinale, celui des Côtes-du-Rhône méridionales s’étale sur la grande zone de convergence du Rhône et de tous ses affluents, qui a pour centre Orange.

Les terroirs y sont extrêmement complexes, situés sur des coteaux et plateaux issus des alluvions anciennes qui ont formé un bassin sédimentaire aux terrains riches et diversifiés. Ils justifient l’utilisation d’un grand nombre de cépages, qui permettent aux vignerons d’adapter l’encépagement de leurs parcelles aux sols qui les composent. L’AOC Chateauneuf-du-Pape reste sans conteste la tête d’affiche des vins du vignoble méridional des Côtes-du-Rhône.